RASSEMBLER A GAUCHE 83

Le blog des militants de Rassembler à Gauche de la Fédération du Var du Parti Socialiste - Les amis de Laurent Fabius

29-06-06

Laurent Fabius est interrogé par des journalistes de l’hebdomadaire Politis.

lfpolitis"L’idée qu’un autre monde est possible anime des millions de personnes à travers le monde"

Dans une interview-événement, Laurent Fabius détaille sa vision du socialisme, revient sur son parcours et précise sa démarche politique. "La notion même d’altermondialisme est juste. C’est aussi ma démarche. L’homme n’est pas fait pour servir le profit et l’économie, mais l’inverse. C’est tout le combat entre libéralisme et régulation."

Politis : Dans une conjoncture où tout le monde joue un peu des coudes, on vous entend et on vous voit peu. Est-ce une stratégie ? On a l’impression en particulier que vous ne cherchez pas à faire fructifier l’acquis de votre position pendant la campagne référendaire.

Laurent Fabius : J’ai pris une position forte contre la Constitution européenne et je la revendique. Elle avait une signification double, contre la dérive de l’Europe depuis dix ans et contre le libéralisme que consacrait ce texte. Je militais - et je milite plus que jamais - pour une Europe différente, démocratique, sociale, écologique. Cela dit, il est vrai qu’il n’est pas facile de percer le mur d’indifférence de certains médias. C’était un peu la même chose, six mois avant la victoire du Non, on connaît la suite... Il est vrai que je ne veux pas m’inscrire dans la « peopolisation » - degré zéro de la politique moderne - et j’aggrave mon cas en tentant de traiter les questions de fond. Au total, j’ai bien l’intention de m’exprimer plus fort à l’approche de la période où les socialistes vont choisir leur candidat. Il sera vraisemblablement le candidat de toute la gauche, c’est donc un choix de première importance sur laquelle il ne faut pas se tromper.

Est-ce que vous y croyez encore ?

Bien sûr ! Le France a besoin d’un vrai changement, celui-ci ne peut être mis en pratique que par la gauche rassemblée, et ce rassemblement ne peut s’opérer que sur un projet politique authentiquement de gauche. Il faut donc absolument, parce que c’est la clef de l’alternative et de la victoire, que ce refus du « tout libéral » prévale. J’en suis porteur au sein du PS et je constate qu’il inspire désormais largement son projet. Il reste à l’enrichir - et non à le démolir. Mais il n’y a pas que le texte. Il y a aussi son interprétation et son incarnation par notre candidat. Ce sera l’enjeu de nos débats de désignation à l’automne.

Vous êtes dans une stratégie interne au PS. Il n’y a pas d’autre hypothèse ?

Je suis membre du PS et j’espère bien qu’il portera son choix sur moi, puis que l’ensemble de la gauche en fera de même. J’agis et j’agirai dans ce but. Ce n’est pas avec une ligne sarkozyste ou blairiste que l’on va pouvoir gagner les élections pour changer les choses en France. En tout état de cause, il faudra jouer collectif.

Est-ce que vous craignez que les nouveaux adhérents changent l’équilibre des forces au sein du PS ?

Passer de 130 000 à environ 210 000 adhérents constitue d’abord une bonne nouvelle ! Beaucoup ont adhéré par internet, technologie excellente mais qui n’est pas encore, il est vrai, généralisée dans toutes les couches de la société. J’ai rencontré beaucoup de nouveaux, notamment qui ont voté « non » à la Constitution, et qui me soutiennent. Tous veulent battre la droite et s’interrogent sur la meilleure façon d’y parvenir. Pour le reste, je suis incapable de vous dire s’ils seront impressionnés par la gigantesque opération médiatico-sondagière à laquelle on assiste aujourd’hui ou s’ils penseront qu’un parti politique de gauche est un espace où il faut garder une fonction critique vis-à-vis du système dominant. Il est essentiel que les militants puissent choisir en toute connaissance de cause C’est pourquoi je souhaite avec force - je ne suis pas le seul - que soient organisés de véritables débats, entre les candidats à l’investiture. Curieusement, celles et ceux qui se réclament volontiers de la démocratie « participative » à l’extérieur semblent préférer que ces débats se déroulent sous des formes restrictives à l’intérieur... Je serais extrêmement choqué si, dans une élection aussi importante, les militants devaient se prononcer sans posséder tous les éléments du choix. La démocratie, c’est d’abord le débat.

Il y a eu le « non » au traité constitutionnel européen, là vous parlez de ligne de gauche antilibérale. Vous avez changé ?

Les valeurs auxquelles je crois ont toujours été les mêmes. J’ai toujours été socialiste. La solidarité, la liberté, la laïcité, l’égalité sont les fondements de mon engagement. Mais, je le reconnais, certaines modalités d’action doivent évoluer. Le monde, l’Europe et même la France d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’il y a vingt ans ou même dix. Le capitalisme est plus international, plus financier, encore plus brutal, que dans le passé. La précarité est au cœur de la société, et non plus à sa périphérie. L’Europe, composée au début de pays de niveau social et économique comparables qu’elle devait protéger et faire progresser, tend à devenir une vaste zone de libre échange insuffisamment démocratique et sociale. Voilà la réalité. Certains la sous-estiment ou s’en accommodent. Je refuse de la subir et je veux faire bouger les choses.

J’ai aussi tiré les leçons de l’expérience. Il y a eu de très bons aspects dans ce que, collectivement, nous avons accompli au pouvoir mais aussi des erreurs. Nous n’avons pas été battus en 2002 par hasard. Moins de 15 % des ouvriers, des employés et des enseignants ont voté pour notre candidat. Mes réponses ne sont donc pas toutes les mêmes que celles que nous pouvions, que je pouvais apporter il y a dix ou quinze ans. En ce sens, il y a eu des changements.

L’Europe est en crise, le temps de réflexion sur son avenir a été prolongé. Comment voyez-vous une sortie de cette crise ?

C’est la crise européenne qui a débouché sur le « non » et pas le « non » qui a suscité la crise européenne. Un certain nombre de ceux qui faisaient campagne pour le « oui » répugnent encore à reconnaître que le peuple français a tranché souverainement. En ce qui concerne MM. Chirac, Sarkozy et Giscard, c’est évident. Ils ne peuvent pas accepter que les citoyens décident dans un sens qui n’était pas le leur. Alors, ils inventent des théories : le peuple français n’a pas vraiment voté comme il l’a fait ; il a été trompé par de mauvais bergers ; on n’aurait pas dû lui envoyer la totalité du texte mais des extraits, etc.

Maintenant que faut-il faire ? Le sommet européen, mi-juin, a commencé à reconnaître ce que nous disions : on ne peut pas faire revoter le texte par ceux qui l’ont refusé et il faut se remettre autour d’une table pour préparer d’autres solutions. Les décisions finales devront être prises au deuxième semestre 2008, sous présidence française. Cela gêne M. Chirac et quelques autres car lorsque nous entrerons véritablement dans la renégociation, on devine que le président de la République et le gouvernement n’auront pas, s’ils sont issus du « oui », une crédibilité extraordinaire pour expliquer à leurs partenaires qu’ils veulent un autre texte alors qu’eux-mêmes trouvaient excellent le précédent. Et inversement. On est toujours plus convaincant quand on défend ses idées plutôt que celles des autres !

Comment voyez-vous cette renégociation ?

Il faut distinguer le contenu des politiques et la démarche proprement institutionnelle. Sur le contenu des politiques, je souhaite obtenir des modifications importantes. Nous avons besoin par exemple d’une politique énergétique européenne. Quand on voit le ballet lamentable qui s’organise autour de GDF, Suez, Enel, E.On ... il y a des problèmes énergétiques communs qu’il faut traiter. Il faut aussi une autre politique en matière de recherche. C’est une clef des développements futurs mais l’Europe est en retard faute d’y consacrer les moyens. Même remarque pour les changements indispensables concernant la politique monétaire, la BCE et ses objectifs d’action. En matière budgétaire, on ne peut pas développer la politique de solidarités nécessaires vis-à-vis des « nouveaux pays », appeler à une nouvelle croissance et réduire ou limiter en même temps le budget comme cela a été décidé. On ne peut pas non plus continuer l’élargissement comme si la question de l’harmonisation fiscale et sociale par le haut ne devait pas être préalablement réglée.

S’agissant de la renégociation institutionnelle, il est presque admis que la fameuse partie III, la plus lourde, la plus technique et la plus libérale, n’a pas sa place dans une Constitution, ce qui ne veut pas dire, comme je viens de le souligner, que ces dispositions ne devront pas être modifiées. On peut reprendre l’essentiel de la partie II, la charte des droits fondamentaux, qui comporte des dispositions souvent positives même si tel ou tel point est à corriger. Et puis il faut revenir sur la partie I et IV où certains éléments doivent évoluer tels que le nombre de commissaires, les clauses de révision, ou la défense des services publics.

Comment le faire ?

A la fois avec des partenaires et un calendrier. Nos partenaires doivent être en priorité les pays euro-volontaires, les plus proches de nous (Allemagne, Belgique, Italie, Espagne...). Le calendrier comporte trois dates importantes. En 2007 d’abord, cette question devra être au centre des débats de la présidentielle. Contrairement à ce que soutient M. Sarkozy, un nouveau texte devra être soumis à référendum, et non au seul Parlement, sinon ce serait un déni de démocratie. En 2008, il faudra préparer la présidence française, dont les chefs d’Etat et de gouvernement ont reconnu qu’elle devrait être conclusive, il faudra donc aller vite. Enfin, en 2009, nous élirons un nouveau parlement européen dont l’influence sera certainement grande. Beaucoup estiment mêmes qu’il devrait recevoir un mandat constituant. Il faut en discuter.

Un réseau d’associations environnementalistes juge le projet socialiste « pauvre » sur les questions d’environnement, « catastrophique » sur les changements climatiques. Qu’en pensez-vous ?

Le texte doit être enrichi sur ce point. Historiquement, le PS a été un parti industrialiste. La défense de l’environnement n’était pas vraiment un sujet. L’apport des écologistes a été de faire prendre conscience, pas seulement aux socialistes, qu’il y avait le capital, le travail, mais aussi la nature et que leur synthèse avait l’humanité pour enjeu. Dans ce que j’ai appelé la social-écologie, j’ai moi-même insisté sur le fait que les socialistes doivent être des... écologistes. Alors, même si le texte est encore à enrichir, il est sans commune mesure avec ce qui existait dans le passé. Si je suis élu président de la République, je nommerai un vice-Premier ministre chargé de l’environnement et des affaires européennes. Car j’ai acquis la conviction qu’un ministre trop spécialisé sur ces questions pourtant transversales n’a pas la capacité de faire valoir ses choix.

Autre apport à la gauche : un mouvement altermondialiste est apparu ces dix dernières années. Quel jugement portez-vous sur lui ?

L’idée qu’un autre monde est possible anime des millions de personnes à travers le monde. La notion même d’altermondialisme est juste. C’est aussi ma démarche. L’homme n’est pas fait pour servir le profit et l’économie, mais l’inverse. C’est tout le combat entre libéralisme et régulation. S’agissant des organisations altermondialistes, elles ont pris des positions avec lesquelles je suis souvent d’accord.

Au premier tour de la présidentielle, plusieurs organisations politiques de gauche présenteront sans doute leur candidat. Mais au deuxième tour, il faut qu’au sein de la gauche, et les altermondialistes en font partie, le rassemblement puisse s’opérer. Il est donc indispensable que la matrice du projet socialiste fasse écho aux valeurs altermondialistes et réciproquement. S’agissant de la formation du gouvernement, à chacun de prendre ses responsabilités et de dire s’il souhaite rendre possible la transformation sociale et politique indispensable.

Vous suggérez que chaque parti va présenter son candidat, pourtant l’existence d’un appel au rassemblement de la gauche antilibéral montre que ce n’est pas certain.

Il existe, me semble-t-il, deux mouvements contraires. D’un côté, un constat de bon sens : on est plus fort rassemblés que divisés. De l’autre, les organisations ont chacune leur tradition et leur état major. Souvent, elles goûtent « l’inimitable saveur que l’on ne goûte qu’à soi-même », selon la phrase de Paul Valéry. Je ne sais pas ce qui l’emportera : le rassemblement ou la dispersion ? Ce que je souhaite, parce que c’est la condition du succès, c’est que le PS adopte un projet qui permette le rassemblement au second tour et que, pour les organisations dont nous parlons, le choix du second tour soit vraiment entre la droite et la gauche. Donc, rassemblement.

L’appel en question semble aller dans ce sens...

Encore faut-il que les actes ne le contredisent pas ! La remarque supplémentaire que je ferai concerne les Verts. Je suis de ceux qui pensent utile qu’il y ait un candidat Vert au premier tour de la présidentielle : l’idée écologique est une idée très forte et sans candidat écologiste authentiquement de gauche, nous risquons une sorte de détournement de l’écologie du côté droit. Je dis « détournement » car il y a une contradiction entre les idées du mouvement écologiste et les idées libérales. Le fait qu’une candidature situe clairement l’écologie à gauche est donc quelque chose d’important. Mais je m’interdis d’exercer une pression.

Verriez-vous d’un bon œil une candidature unitaire dans ce qu’on appelle la gauche de la gauche, à la condition qu’elle joue le jeu au second tour ?

Je suis preneur de tout ce qui peut renforcer les chances du rassemblement. Il faut battre la droite pour proposer aux Français ce qu’ils attendent : un vrai changement.

La fusion GDF-Suez, et notamment la privatisation de GDF, a fait réagir le PS, qui veut renationaliser EDF. Est-ce que ce serait le cas également pour GDF ? Y aura-t-il une reprise en main des entreprises dans le giron public ?

Le projet socialiste se prononce pour une renationalisation d’EDF et la création d’un pôle public EDF-GDF. Il y a une difficulté immédiate liée à Suez. Je pense que la bonne solution consisterait à bâtir un rapprochement entre Suez et GDF, mais à l’envers de ce que fait le gouvernement. Plus précisément, lancer une offre publique de GDF sur Suez permettrait à la fois de garder un statut public à GDF, de préserver Suez en l’empêchant d’être absorbé par d’autres, de bâtir un groupe puissant capable de discuter avec les grands fournisseurs de gaz et de garantir le consommateur final puisque l’ensemble serait de statut public. Le tout, au bénéfice des salariés. Cette piste très intéressante se heurte à deux difficultés : le préjugé idéologique du gouvernement, qui refuse la constitution d’un ensemble public ; et le coût (au maximum 40 milliards d’euros). Mais GDF est une très belle entreprise qui possède des moyens et la Caisse des dépôts ainsi que d’autres groupes publics pourraient très bien venir en soutien. Voilà un vrai projet industriel positif et entraînant.

Je suis aussi favorable à un rapprochement d’EDF et de GDF. Certes, il y a la réglementation européenne. Les autorités européennes ont tendance à analyser la concurrence non pas globalement au niveau de l’Union mais pays par pays. Des juristes mettent en garde : un tel processus, disent-ils, obligerait EDF à revendre une partie de ses centrales, nous faisant perdre d’un côté ce qu’on serait censé gagner de l’autre. Ceci doit être creusé. De toutes façons, la politique de la concurrence européenne doit être réexaminée parce qu’elle est souvent contre-productive : elle nous a fait perdre Pechiney absorbé par Alcan, et nous a empêchés de réaliser un certain nombre de mariages européens ou franco-français pertinents, alors que dans le même temps, les autorité européennes ont laissé les prix de l’énergie augmenter de près de 50 %. Tout est donc à reprendre. Si on veut une vraie stratégie industrielle et une vraie puissance économique européennes, il faut une politique fondée sur des critères différents et non pas une approche libérale.

Quand vous étiez ministre l’économie, ce n’était pas votre position ?

Pour EDF, j’ai toujours considéré, à cause de son statut nucléaire et des exigences de sécurité nationale, qu’elle devait être publique. Sur GDF, les choses étaient moins nettes qu’aujourd’hui. Je regarde l’évolution russe qui est nouvelle, les grandes alliances qui se mettent en place, le fait que nous allons sans doute devoir faire face à un pétrole à 150 ou 200 dollars... Sans la puissance publique dans ce domaine, il n’y a pas de réponse volontaire, durable, indépendante et garante de l’intérêt général. Je vous l’ai dit : il faut savoir tirer les leçons de l’expérience pour qu’en 2007 et après, la gauche soit à la hauteur des attentes populaires et des nouveaux défis du monde.

Propos recueillis par Thierry Brun, Denis Sieffert et Michel Soudais


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MON POINT DE VUE....par Viviane SURJUS

imagesfemmeMIXITE (et/ou parité) et MANDAT UNIQUE

L’attribution des circonscriptions aux femmes  permet au parti socialiste de relever un double défi.
1. Accroitre le nombre de femmes candidates
2. faire en sorte qu’elles soient éligibles

La « parité » est le moyen permettant une représentation la plus fidèle de la société française à l’Assemblée Nationale. La représentativité du « genre féminin » majoritaire dans la population française.
Néanmoins, la « parité » ne doit pas occulter un autre principe qui doit faire l’objet de toute notre attention, tant nous, les femmes, l’avons décrié lorsque les hommes politiques y cédaient : Le cumul de mandat.
La lutte contre le cumul de mandat doit être un but en soi, afin de permettre une meilleure représentativité des femmes, de Toutes les femmes. En effet, nous pouvons observer, dans cette optique de parité, la tentation de laisser se présenter, par facilité ou par complaisance, des femmes qui ont déjà des mandats électifs (locaux, régionaux). Ces femmes qui ont déjà « réussi » à s’imposer lors d’une élection passée, bien souvent par l’intermédiaire d’un scrutin de liste, présentent aux yeux du parti ou d’une fédération de meilleures garanties de victoires ou de représentativité.
Ainsi, sous le prétexte de victoires plus ou moins certaines, nous sommes prêts à sacrifier la lutte contre le cumul de mandats, alors que nous, les femmes, avons toujours mené le combat pour le dénoncer lorsque les hommes « empilaient » les fonctions électives.
Alors que pour la première fois dans l’histoire du parti socialiste, nous obtenons à l’échelle nationale une égale parité dans la répartition des circonscriptions, il ne faudrait pas briser ce nouvel Elan,…l’Elan de la volonté du renouvellement des pratiques démocratiques, mais surtout l’Elan dans la volonté du renouvellement des femmes et des hommes en politique.
Faut-il accepter des femmes ce que l’on reprochait aux hommes ?.............et, ce au nom de la parité. Le remplacement d’un « cumulard » par une « cumularde ».
Afin que les femmes puissent, petit à petit, prendre la place qui est la leur en politique, nous avons et nous aurons encore à nous battre.
Ne faisons pas et n’acceptons pas ce que nous avons dénoncé et condamné dans le passé ! N’ayons pas la mémoire courte.

Viviane SURJUS

Titulaire Conseil Fédéral

Candidate aux législatives - 1ére Circonscription du Var


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28-06-06

Grand rassemblement national autour de Laurent Fabius

lf_rouen_24_juin_06_morganti_2132200 personnes ont participé à un banquet de l’amitié autour de Laurent Fabius au Parc Expo de Rouen, sur la commune du Grand Quevilly.

Lire le discours : Discours_LF_24_06_06t.pdf


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22-06-06

Interview à VSD

lfvsd1"Pour ma part, c’est clair : je veux le changement.
Pas seulement sur la forme, sur le fond"

La première fois que Laurent Fabius a été élu à l’Assemblée nationale, il était très jeune. C’était en mars 1978, il allait fêter ses 32 ans, et parmi les élus, il était le benjamin. Pratiquement trente ans ont passé, et Laurent Fabius, qui fêtera ses 60 ans le 20 août prochain, est toujours député. « C’est vrai, convient-il en souriant, il y a assez longtemps que je suis dans le paysage. Est-ce que c’est un handicap ? C’est aussi l’avantage de l’expérience ! »
Il reçoit ses visiteurs dans un petit bureau de l’immeuble qui borde l’Assemblée et qui servait de siège, naguère, au RPR de Jacques Chirac. Du balcon qui borde ses fenêtres, on voit, un peu plus loin, l’Obélisque de la Concorde. Aucun nuage dans le ciel. Il fait chaud. Tout est calme.

- C’est la première fois dans votre longue carrière que vous êtes candidat à la présidence de République. Comment vous sentez-vous ?
  L’échéance est l’année prochaine, cela paraît encore lointain. Je crois que tout est ouvert. Entre la droite et la gauche. Et à gauche chez les socialistes aussi, tout est ouvert.

- La question c’était : comment vous vous sentez, vous ?
  Ah, moi, bien ! (il réfléchit) Je suis convaincu que mes propositions, issues des défis que nous attendent, sont en phase avec ce que ressentent beaucoup de Français. Intellectuellement et physiquement, je suis bien dans ma peau. En même temps, je sais que le chemin ne va pas être facile. Dans cette compétition présidentielle, j’ai à la fois des atouts et des handicaps.

- Alors, faisons la liste.
  (Il rit) Côté handicaps, les gens peuvent avoir le sentiment que je suis dans le paysage depuis pas mal de temps.

- Ca vous gêne vraiment ?
  Gêné, non, je me sens en forme. Mais conscient du besoin d’explication, oui. Je dois répondre sur le fond et dire ce que je retire de mon parcours pour 2007. C’est normal. (Il rit à nouveau).

- Bon, vos atouts ?
  Sans être présomptueux, on me crédite en général de, comment dire, la capacité à remplir la fonction. Je pense avoir une vision, la résistance et la volonté indispensables. Et puis, j’ai passé l’âge où l’on recherche les honneurs. Mon souci, c’est de contribuer à faire redémarrer la France. C’est indispensable.

- Vous êtes élu depuis bientôt trente ans. Pourquoi n’avez-vous fait que de la politique dans votre vie ?
  J’ai commencé la politique jeune aux côtés de François Mitterrand, c’est vrai, mais j’ai servi de plusieurs façons mon pays. Comme professeur puis comme magistrat au Conseil d’Etat. Ensuite comme parlementaire, maire, ministre et chef de gouvernement.

- Mais vous êtes toujours resté dans la politique.
  Oui, mais avec toujours un regard très ouvert sur la société. Je ne ressens pas d’addiction à la politique. Je ne souffrirais pas si je n’en faisais plus, mais je regretterais sûrement de n’avoir pas pu mettre vraiment en œuvre la politique que je crois bonne pour la France.

- Avez-vous failli abandonner, un jour, pour faire autre chose ?
  Oui, quand j’étais président de l’Assemblée nationale (Il l’a été de 1988 à 1992, puis à nouveau de 1997 à 2000. C’est cette seconde période qu’il évoque ici.) La tâche est honorable et même honorifique, mais pas assez tournée vers l’action. Je me suis dit que je pourrais être plus utile ailleurs, dans une organisation internationale ou humanitaire, une entreprise, enfin, il y avait différentes possibilités...

- A l’époque, c’était en 2000, on avait évoqué la présidence du Fonds monétaire international.
  Oui, puis je suis devenu ministre des finances, alors...

- C’était dans le gouvernement Jospin. Donc, c’est grâce à Lionel Jospin que vous faites encore de la politique ?
  C’est un raccourci audacieux... Nous sommes différents, mais je respecte Lionel Jospin et c’est réciproque. Sa défaite en avril 2002 et la montée du Front National m’ont fortement poussé à réagir.

- Vous êtes un personnage public respecté, Laurent Fabius, mais vous n’êtes pas, et vous avez rarement été, populaire.
  Inévitablement, au cours de mon parcours, ma popularité a varié. Imaginez qu’on a même dit que j’étais l’homme le plus sexy de France, ce qui rend philosophe par rapport aux mouvements d’opinion ! Un point fixe toutefois : ma ville de Grand-Quevilly et ma circonscription de Seine-Maritime. Là-bas, on me connaît bien, mieux en tout cas.

- Trouvez-vous que c’est injuste ?
  C’est la contrepartie de l’engagement public. J’ai une part de responsabilité dans cette relative méconnaissance. Je suis assez discret, on pourrait dire pudique, je ne mets pas ma vie personnelle, ni mon affectivité, sous les projecteurs. Et je ne changerai pas ma conduite pour « grapiller » cinq points dans les sondages ! C’est ma façon, respectueuse, d’être moi-même avec les Français.

- Vous avez traversé l’épreuve de l’accusation, puis du procès, dans l’affaire du sang contaminé. Croyez-vous que, malgré la reconnaissance établie publiquement de votre innocence, il en reste encore quelque chose dans l’opinion publique ?
  C’est possible. Quand un drame terrible comme celui-là survient, il marque l’opinion. Même s’il a été reconnu ensuite que j’avais en réalité sauvé des vies en prenant très tôt les décisions justes.

- Le parti socialiste vient d’adopter son programme en vue des prochaines échéances. Certains disent qu’il va coûter très cher et que les impôts vont flamber. C’est vrai ?
  Je ne suis pas un démagogue. Quand nous engageons des dépenses, il faut mettre des recettes en face. Elles viendront de la croissance, de la fin de nombreux cadeaux fiscaux faits par ce gouvernement aux contribuables les plus fortunés, et aussi de la fin d’exonérations de charges qui ne produisent aucun effet positif sur l’emploi.

Certaines dépenses seront indispensables : emploi, éducation, recherche, environnement, ... Si je suis désigné comme candidat à la présidence de la République, je dirai la vérité aux Français notamment sur ce sujet précis : le vieillissement. Ce sera le défi des prochaines années, avec les traitements coûteux des maladies liées au grand âge, la modernisation des maisons de retraites, la prise en charge des personnes âgées à leur domicile, qui seront de plus en plus nombreuses. Régler cet immense problème exigera un effort de la solidarité nationale.

- Comment financer tous ces projets et tous ces chantiers avec des finances publiques gravement déficitaires et une dette qui ne cesse de s’alourdir ?
  La situation est effectivement dégradée et le gouvernement actuel, recordman de la dette, est mal placé pour nous le reprocher.

- La gauche aussi a sa part de responsabilité. La France a connu vingt-cinq ans de déficits consécutifs, quelles que soient les majorités en place. Oui, mais avec des déficits nettement plus lourds dus à la droite. Le record des alourdissements de déficit date des passages à Bercy de M. Sarkozy. Quoi qu’il en soit, cette dette ne devra pas être alourdie mais peu à peu réduite.

- Dans votre programme, vous promettez la fin du cumul des mandats. Pourquoi ?
  Pour que la démocratie soit plus forte. Le parlement a besoin d’élus qui se consacrent complètement à leurs tâches. Le mandat unique est le moyen d’y parvenir.

- Il vous en a fallu du temps pour vous apercevoir de ce que beaucoup de gens dénoncent depuis longtemps comme un problème.
  J’avais déjà limité le cumul par une loi. Mais il faut aller plus loin. Le cumul des mandats est un système dépassé.

- Etes-vous surpris la volonté dont fait preuve Ségolène Royal dans cette phase de pré-campagne ?
  La volonté se juge sur la durée. Pour ma part, c’est clair : je veux le changement. Pas sur la forme, sur le fond.

- Qu’est-ce qui vous sépare d’elle ?
  Ce qui m’importe, c’est la ligne politique.

- Pourquoi ?
  Parce que je veux d’abord me confronter aux problèmes du pays, pas à tel ou telle camarade. Le temps du débat viendra.

- Etes-vous différent d’elle ?
  Nous avons certaines différences, par exemple, me semble-t-il, sur la laïcité, le rôle de l’Etat et ce que devront être nos priorités en 2007. Mais Je ne connais pas encore ses idées sur des problèmes décisifs, notamment comment faire face à la mondialisation financière, ou sur les enjeux européens, ni sur d’autres aspects essentiels. J’espère que les débats que nous aurons avant le choix des militants, nous éclaireront sur ces points et sur beaucoup d’autres.

- A vous entendre, on a l’impression que vous ne la connaissez pas, que vous la découvrez.
  Elle était conseillère à l’Elysée il y a déjà longtemps, et déjà Ministre en 1992, mais c’est vrai que nous n’avons pas eu l’occasion de passer beaucoup de temps ensemble, d’échanger.

- S’agit-il, pour vous, d’une concurrente sérieuse ?
  Bien sûr. Et totalement estimable.

- Sur quoi les militants socialistes vont-ils vous départager ?
  Sur la réponse à cette question de fond : qui est le plus capable de redresser le pays ? C’est la question décisive.

- Vous pensez être plus capable qu’elle ?
  Chacun a ses qualités. Pour ma part, je présente un projet, une expérience, une sensibilité, une volonté d’éviter à la France un quinquennat au kärcher avec N. Sarkozy. A moi de faire partager mon envie, mes espoirs, ma combativité. Je veux un changement à gauche, avec toute la gauche. L’aspect personnel, lui, est indéfinissable.

- Indéfinissable ?
  Oui. C’est un rapport subjectif entre le candidat et ceux qui doivent le désigner. C’est la raison pour laquelle j’attache une grande importance aux débats qui auront lieu entre nous. Parce qu’il ne devra pas y avoir de faux-fuyants, ni de faux-semblants. Ces débats devront être des moments de vérité.

- Irez-vous jusqu’au bout de votre démarche ? Ou bien des circonstances peuvent-elles vous amener à vous retirer de cette compétition ?
  Je continuerai mon chemin tranquillement.

- Jusqu’au bout ?
  Bien sûr.

- Si vous n’êtes pas désigné par votre parti, l’accepterez-vous ?
  Oui.

- Ce sera une frustration ?
  Ce sera une déception. Mais ce n’est pas l’hypothèse que je retiens.

- Certains disent que si vous n’êtes pas désigné, vous serez candidat à la présidence de la République en dehors du parti socialiste. Est-ce possible ?
  Non.

- Pensez-vous que d’autres candidats pourraient se déclarer au sein du parti socialiste ?
  Oui, c’est possible, mais ce ne sont pas des noms inconnus.

- On pense aux mêmes ?
  « Même », vous mettez cela au singulier ou au pluriel ?

- Choisissez.
  Ceux qui ont dit : « je serai candidat » le seront. Ceux qui ont dit : « je ne serai pas candidat » ne le seront pas.

- Donc, selon vous, Lionel Jospin ne sera pas candidat ?
  Je parie sur la sincérité. Lionel Jospin le mérite.

- Quel jeu joue François Hollande aujourd’hui ?
  Ce que je souhaite, c’est qu’il remplisse son rôle de premier secrétaire de façon équitable et franche. Il faut que le PS fonctionne bien, que les candidats puissent mener campagne dans des conditions impartiales et que les militants tranchent de façon sereine.

- C’est votre souhait. Ce n’est donc pas la réalité.
  C’est ce que chaque socialiste est en droit d’attendre.

- On en déduit donc qu’il ne le fait pas.
  Je vous ai répondu.

- Ces questions vous agacent ?
  Pas du tout.

Il rit, et poursuit :
  Au début hein...

Il a prononcé ce « hein » comme le faisait jadis François Mitterrand...
  ... ce genre de questions m’agaçait parce qu’elles sont à des années-lumières de ce qui intéresse les Français et de ce qui m’intéresse vraiment... Mais j’ai appris. J’ai mûri. Oui, notre pays a beaucoup d’atouts. Oui, il peut et il doit repartir de l’avant. J’ai confiance.


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20-06-06

Grand Rassemblement national

avec Laurent Fabius le 24 juin à Canteleu (76)

Bulletin_inscription_2406061.doc

Après quatre années de gouvernement de droite, la France est en crise : crise sociale, crise économique, crise institutionnelle, crise de confiance. Pour sortir de ce marasme, avec son cortège d'inégalités, de précarité et d'injustice, il est temps que gagnent les Socialistes et la Gauche rassemblée.
Mais gagner pour quoi faire ? En 2007, dans un pays qui doute, dans une Europe malade de son libéralisme, dans un monde instable, il faudra de l'audace et de l'expérience, de l'ambition et du réalisme, de la sérénité et de l'énergie. Mais bien au-delà, il faudra la volonté politique de porter, de faire gagner et de mettre en oeuvre un projet clairement socialiste, pour un avenir de gauche.
C'est de la présentation de ce projet socialiste pour la France dont il sera question lors de notre Grand rassemblement national :

Rassembler à gauche
samedi 24 juin 2006, à partir de 14h30
à Canteleu (Seine-maritime)
au Gymnase "Alain Calmat", avenue de Buchholz - 76380 Canteleu

Programme :
- Une ligne politique pour changer vraiment : nos priorités, notre refus du sarkozysme et du blairisme
- Un parti de militants : nouveaux adhérents & nouveaux militants
- Le rassemblement de la Gauche pour gagner les élections : où en est la Gauche ?
- Un parti de toutes les couleurs : diversité, société, laïcité

à partir de 19h30, Banquet de l'amitié
au Parc des Expositions de Rouen

Inscrivez-vous avant le mercrdi 21 juin

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19-06-06

Trois questions à Laurent Fabius. Interview publiée par "Le Dauphiné libéré".

laurent1"Les sondages ne sont pas les suffrages.

Ils ne signifient pas grand chose à un an de la présidentielle"

Questions : Comment entendez-vous réagir à la montée de Ségolène Royal qui semble s’être durablement installée en tête de la course des prétendants de gauche à la présidentielle ? Ne pensez-vous pas qu’elle a raison de prendre des positions différentes de celles qui ont peut-être conduit les socialistes à l’échec du 21 avril 2002 ?

Laurent Fabius : Les sondages ne sont pas les suffrages. Ils ne signifient pas grand chose à un an de la présidentielle. F. Mitterrand était donné largement battu à quelques mois de son élection en 1981 ! Ce qui compte, ce sont les propositions sur le fond. A cet égard, on ne peut pas à la fois dire que l’on soutient le projet socialiste et approuver la politique de Tony Blair. De même sur les questions de sécurité et de délinquance : il faut être ferme mais humaniste. C’est toujours une erreur de se placer sur le terrain de l’adversaire. Ce que les Français attendent, c’est un changement concret (emploi, pouvoir d’achat, éducation, logement, participation démocratique...) par rapport à ce qui se passe aujourd’hui. C’est la ligne politique que je défendrai.

Justement, vous venez d’approuver le projet du PS pour 2007. Est-il en adéquation avec vos idées ? Comment expliquez-vous que son coût n’ait pas été chiffré ?

Le projet me convient tout à fait car il offre un espoir de changement pour notre pays et se situe sur une ligne politique clairement de gauche. Bien sûr il doit être enrichi et non pas contredit. Je ne suis donc pas d’accord avec ceux qui disent l’approuver mais qui par leurs commentaires ou leurs soustractions voudraient le vider de sa substance.

Les principales idées que je défendais se trouvent être des axes fort du projet, notamment la défense du pouvoir d’achat et de l’emploi avec l’augmentation du Smic, les dispositions en faveur des petits et moyens salaires et les retraités les plus modestes, les mesures de relance pour les PME, l’enseignement et la recherche, le développement durable... De même, cela nécessite une République nouvelle avec un nouveau rôle pour le Parlement et pour le gouvernement, et une réaffirmation de la laïcité.

Bien sûr, il faut des recettes en face des dépenses. On les trouvera dans la croissance mais aussi par une remise en cause des cadeaux fiscaux consentis par la droite aux privilégiés, la fin des exonérations inutiles de cotisations pour les grandes entreprises, le réaménagement de certains budgets comme celui de la Défense. Pour la dépendance des personnes âgées et pour les personnes handicapées, il sera nécessaire de dégager des ressources d’environ un point de CSG plutôt que de maintenir le jour férié travaillé non payé, mesure absurde et injuste.

L’annonce de la candidature de José Bové n’a-t-elle pas néanmoins sonné comme un refus d’une partie de la gauche à se rallier à votre panache ? Les partisans du “non” au référendum européen vont-ils aller en ordre dispersé à la présidentielle ?

J’ai avancé des propositions pour relancer la politique européenne face à la mondialisation libérale. Ce qui essentiel, c’est que toute la gauche puisse être rassemblée au 2ème tour, sur une ligne que personnellement je peux incarner. Dès lors que le PS se situe authentiquement à gauche et à l’écoute des citoyens, je suis confiant.

Propos recueillis par Hélène PILICHOWSKI


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18-06-06

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Télécharger le texte intégral du Projet Socialiste pour 2007     projet_texte_integral_12_juin.pdf


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17-06-06

Laurent Fabius répond aux propos tenus par Monsieur Chirac en marge du sommet européen de Bruxelles

logorofi_web816 juin 2006

Communiqué de Laurent Fabius

Incapable d’agir efficacement sur le plan intérieur sauf pour amnistier ses amis, voilà que Monsieur Chirac depuis Bruxelles se met à donner des leçons de morale aux Français sur le plan européen. Alors qu’il est responsable de la crise européenne actuelle pour n’avoir pas su faire avancer l’Union dans le sens souhaité par notre peuple, voilà que ce gardien bien connu de la vérité électorale et des promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent accuse les autres de mensonge ! Ce pourrait être comique s’il ne s’agissait du Président de la République. Décidemment, il est grand temps que cela finisse.


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14-06-06

Le vieillissement de la population : une chance pour la société, un défi à relever ensemble

vieillissement13 juin 2006

A l’occasion d’un colloque organisé à Rouen par le Conseil Général de Seine-Maritime, Laurent Fabius développe son analyse du vieillissement de la population et ses propositions pour les seniors.

la suite ..... cliquez ici


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13-06-06

Pourquoi j’ai voté le projet socialiste

projetsocialiste1Le projet approuvé le 6 juin par le Bureau National comporte des avancées significatives par rapport aux précédentes versions. Alors que certains préféraient instruire le procès du PS dans les médias, j’ai tenu, avec l’aide de mes équipiers, à enrichir ce projet collectif en transmettant aux membres de la Commission du Projet des amendements fidèles aux combats de Dijon en 2003 pour la République, de 2004 pour l’Europe sociale et du Congrès du Mans en 2005 pour l’ancrage à gauche du Parti.

Le document sur lequel les militants vont maintenant se prononcer est un projet de rassemblement à gauche et de clarté à gauche. C’est pourquoi j’ai, en général, décidé de l’approuver. Il sera un socle minimal commun pour mener la bataille contre la droite et réussir l’alternative en 2007. Mais il demande des clarifications et incite à rester vigilants et actifs.

1) Des propositions clairement à gauche. Pour une large part, les propositions marquantes du projet sont issues des propositions de la motion 2. C’est une vraie reconnaissance pour les camarades qui les ont défendues et un signal positif pour nos électeurs.

• L’objectif politique des socialistes est désormais clair : « réussir ensemble le changement ». J’ai souhaité que le « changement » soit notre slogan et notre « titre » : après douze ans de mandature du temps perdu-Chirac et face à la pseudo-rupture Sarkozy, seul le PS peut proposer aux Français un vrai changement capable de progresser et de protéger.

• L’augmentation du SMIC à au moins 1500 € d’ici à 2012 et un soutien fort aux petits salaires et aux petites retraites. C’était une proposition phare de notre courant au Congrès du Mans (avec l’emploi, le logement, l’éducation-recherche, et les services publics). D’abord critiquée comme « irréaliste » par de nombreux dirigeants, ensuite brocardée par les mêmes comme « insuffisante », elle figure aujourd’hui en tête du projet. Notre priorité va au pouvoir d’achat et à l’emploi.

• Le durcissement des sanctions à l’égard des communes ne respectant pas les obligations de la loi SRU pour la construction de logements sociaux. C’est une mesure que nous demandions depuis longtemps. Elle a finalement été intégrée dans le projet, ainsi que plusieurs de nos propositions pour le logement.

• La répartition des médecins sur le territoire et le soutien aux services publics.

• La mise en place d’une « République nouvelle ». L’expression proposée par nous constitue désormais le titre de la partie consacrée aux institutions. Comme nous le souhaitions, il s’agira d’une « République parlementaire » soumise à référendum dans le semestre qui suivra les élections.

• La pleine propriété publique d’EDF. Des socialistes s’étaient opposés à cette volonté durant le Congrès et l’avaient remise en question après la synthèse. Le projet l’approuve.

• Notons que sur la sécurité, ce sont dans l’ensemble nos formulations qui ont été retenues. Le nécessaire équilibre entre la prévention et la répression a été rappelé. L’encadrement militaire des jeunes délinquants a été rejeté. La possibilité de supprimer les allocations familiales prévue par la législation Sarkozy sera abrogée, ce qui est différent de la « mise sous tutelle » des allocations, qui existe, elle, déjà depuis 40 ans (loi de 1966). Fermeté et humanisme, donc ; et non pas alignement sur l’UMP.

• L’approbation par référendum du nouveau Traité constitutionnel européen, alors même que des socialistes avaient proposé une ratification parlementaire comme le prône N. Sarkozy. Dans le même sens, la nécessité d’un « plan de relance européen » proposée par nous est inscrite noir sur blanc.

2) Une stratégie claire. Le texte du projet fixe comme objectif le rassemblement de la gauche et exclut les stratégies de rapprochement avec le centre-droit défendues par tel ou telle responsables du PS. Avec les membres de « Rassembler à Gauche », nous l’avons rappelé avec force : on ne rassemble pas la gauche avec des idées empruntées à l’UMP et des alliances électorales nouées avec l’UDF.

Cependant une vraie déception : que le calendrier ne permette pas aux militants de débattre réellement et d’amender le projet avant de le voter. La démocratie participative ne doit pas être qu’un discours de circonstance : elle doit se traduire par des actes et d’abord au sein de notre Parti. Pour ma part, je souhaite que les apports, critiques, observations des militants et des sections sur le projet me soient communiqués à l’adresse mèl spécialement créée à cet effet : amendements@laurent-fabius.net.

3) Des manques : sur plusieurs questions, les propositions ne sont pas encore suffisamment fermes ni précises :

• La volonté de lutter contre les dégâts de la mondialisation financière n’est pas suffisamment affirmée. Il n’y a presque rien, notamment, sur le contrôle des OPA. En matière de social-écologie et de développement durable, le projet reste insuffisant alors que nous entrons dans la civilisation de l’après-pétrole et de l’eau rare.

• L’enjeu du vieillissement de la population et la question des retraites ne sont pas abordés à la hauteur des défis que va rencontrer notre pays. La prise de conscience est faible, les réponses encore floues.

• Sur l’Europe, il faut être plus net dans notre revendication d’un moratoire sur les élargissements et d’une harmonisation fiscale et sociale par le haut. C’est le souhait d’une majorité de Français et d’électeurs de gauche, comme l’a montré le référendum en 2005.

• Des clarifications notamment financières sont indispensables. Elles n’ont pas encore eu lieu.

Dans les semaines qui viennent, nous devons porter au sein du Parti les propositions positives, qui sont d’abord les nôtres, et améliorer celles qui le sont moins. Proposons les précisions et corrections indispensables. Refusons que ce soient les sondages, les médias et la droite qui dictent les positions du PS, en dehors même du PS : c’est au PS de trancher. Auprès des militants, les nouveaux et les autres, réaffirmons avec force les raisons pour lesquelles nous voulons que Laurent Fabius incarne au nom de tous les socialistes et devant les Français le rassemblement de la gauche :

  •    priorité à l’emploi et au pouvoir d’achat, à l’école, au logement, aux services publics ;

  •    défense des valeurs républicaines et de la laïcité face au communautarisme ;

  •    alternative à gauche et non alliance avec Bayrou sur des idées de Blair ;

  •    relance européenne pour plus de solidarité et de démocratie.


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