RASSEMBLER A GAUCHE 83

Le blog des militants de Rassembler à Gauche de la Fédération du Var du Parti Socialiste - Les amis de Laurent Fabius

28-06-06

Grand rassemblement national autour de Laurent Fabius

lf_rouen_24_juin_06_morganti_2132200 personnes ont participé à un banquet de l’amitié autour de Laurent Fabius au Parc Expo de Rouen, sur la commune du Grand Quevilly.

Lire le discours : Discours_LF_24_06_06t.pdf


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13-06-06

Pourquoi j’ai voté le projet socialiste

projetsocialiste1Le projet approuvé le 6 juin par le Bureau National comporte des avancées significatives par rapport aux précédentes versions. Alors que certains préféraient instruire le procès du PS dans les médias, j’ai tenu, avec l’aide de mes équipiers, à enrichir ce projet collectif en transmettant aux membres de la Commission du Projet des amendements fidèles aux combats de Dijon en 2003 pour la République, de 2004 pour l’Europe sociale et du Congrès du Mans en 2005 pour l’ancrage à gauche du Parti.

Le document sur lequel les militants vont maintenant se prononcer est un projet de rassemblement à gauche et de clarté à gauche. C’est pourquoi j’ai, en général, décidé de l’approuver. Il sera un socle minimal commun pour mener la bataille contre la droite et réussir l’alternative en 2007. Mais il demande des clarifications et incite à rester vigilants et actifs.

1) Des propositions clairement à gauche. Pour une large part, les propositions marquantes du projet sont issues des propositions de la motion 2. C’est une vraie reconnaissance pour les camarades qui les ont défendues et un signal positif pour nos électeurs.

• L’objectif politique des socialistes est désormais clair : « réussir ensemble le changement ». J’ai souhaité que le « changement » soit notre slogan et notre « titre » : après douze ans de mandature du temps perdu-Chirac et face à la pseudo-rupture Sarkozy, seul le PS peut proposer aux Français un vrai changement capable de progresser et de protéger.

• L’augmentation du SMIC à au moins 1500 € d’ici à 2012 et un soutien fort aux petits salaires et aux petites retraites. C’était une proposition phare de notre courant au Congrès du Mans (avec l’emploi, le logement, l’éducation-recherche, et les services publics). D’abord critiquée comme « irréaliste » par de nombreux dirigeants, ensuite brocardée par les mêmes comme « insuffisante », elle figure aujourd’hui en tête du projet. Notre priorité va au pouvoir d’achat et à l’emploi.

• Le durcissement des sanctions à l’égard des communes ne respectant pas les obligations de la loi SRU pour la construction de logements sociaux. C’est une mesure que nous demandions depuis longtemps. Elle a finalement été intégrée dans le projet, ainsi que plusieurs de nos propositions pour le logement.

• La répartition des médecins sur le territoire et le soutien aux services publics.

• La mise en place d’une « République nouvelle ». L’expression proposée par nous constitue désormais le titre de la partie consacrée aux institutions. Comme nous le souhaitions, il s’agira d’une « République parlementaire » soumise à référendum dans le semestre qui suivra les élections.

• La pleine propriété publique d’EDF. Des socialistes s’étaient opposés à cette volonté durant le Congrès et l’avaient remise en question après la synthèse. Le projet l’approuve.

• Notons que sur la sécurité, ce sont dans l’ensemble nos formulations qui ont été retenues. Le nécessaire équilibre entre la prévention et la répression a été rappelé. L’encadrement militaire des jeunes délinquants a été rejeté. La possibilité de supprimer les allocations familiales prévue par la législation Sarkozy sera abrogée, ce qui est différent de la « mise sous tutelle » des allocations, qui existe, elle, déjà depuis 40 ans (loi de 1966). Fermeté et humanisme, donc ; et non pas alignement sur l’UMP.

• L’approbation par référendum du nouveau Traité constitutionnel européen, alors même que des socialistes avaient proposé une ratification parlementaire comme le prône N. Sarkozy. Dans le même sens, la nécessité d’un « plan de relance européen » proposée par nous est inscrite noir sur blanc.

2) Une stratégie claire. Le texte du projet fixe comme objectif le rassemblement de la gauche et exclut les stratégies de rapprochement avec le centre-droit défendues par tel ou telle responsables du PS. Avec les membres de « Rassembler à Gauche », nous l’avons rappelé avec force : on ne rassemble pas la gauche avec des idées empruntées à l’UMP et des alliances électorales nouées avec l’UDF.

Cependant une vraie déception : que le calendrier ne permette pas aux militants de débattre réellement et d’amender le projet avant de le voter. La démocratie participative ne doit pas être qu’un discours de circonstance : elle doit se traduire par des actes et d’abord au sein de notre Parti. Pour ma part, je souhaite que les apports, critiques, observations des militants et des sections sur le projet me soient communiqués à l’adresse mèl spécialement créée à cet effet : amendements@laurent-fabius.net.

3) Des manques : sur plusieurs questions, les propositions ne sont pas encore suffisamment fermes ni précises :

• La volonté de lutter contre les dégâts de la mondialisation financière n’est pas suffisamment affirmée. Il n’y a presque rien, notamment, sur le contrôle des OPA. En matière de social-écologie et de développement durable, le projet reste insuffisant alors que nous entrons dans la civilisation de l’après-pétrole et de l’eau rare.

• L’enjeu du vieillissement de la population et la question des retraites ne sont pas abordés à la hauteur des défis que va rencontrer notre pays. La prise de conscience est faible, les réponses encore floues.

• Sur l’Europe, il faut être plus net dans notre revendication d’un moratoire sur les élargissements et d’une harmonisation fiscale et sociale par le haut. C’est le souhait d’une majorité de Français et d’électeurs de gauche, comme l’a montré le référendum en 2005.

• Des clarifications notamment financières sont indispensables. Elles n’ont pas encore eu lieu.

Dans les semaines qui viennent, nous devons porter au sein du Parti les propositions positives, qui sont d’abord les nôtres, et améliorer celles qui le sont moins. Proposons les précisions et corrections indispensables. Refusons que ce soient les sondages, les médias et la droite qui dictent les positions du PS, en dehors même du PS : c’est au PS de trancher. Auprès des militants, les nouveaux et les autres, réaffirmons avec force les raisons pour lesquelles nous voulons que Laurent Fabius incarne au nom de tous les socialistes et devant les Français le rassemblement de la gauche :

  •    priorité à l’emploi et au pouvoir d’achat, à l’école, au logement, aux services publics ;

  •    défense des valeurs républicaines et de la laïcité face au communautarisme ;

  •    alternative à gauche et non alliance avec Bayrou sur des idées de Blair ;

  •    relance européenne pour plus de solidarité et de démocratie.


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22-05-06

ADHEREZ AU PARTI SOCIALISTE

Ce sont les militants du Parti socialiste qui fixent l’orientation du Parti et désignent les candidats aux élections.
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Il vous suffit d’adhérer au Parti socialiste avant le 1er juin 2006 ! Pour adhérer,
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12-05-06

Discours de Laurent Fabiusarton514
Monsieur le Maire,
Monsieur le Président du Conseil Général,
Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis, Chers camarades,

Le 10 Mai fait partie de ces dates rares qui parlent d’elles-mêmes sans qu’il soit besoin d’en préciser le millésime : 10 Mai, 18 Juin, 14 Juillet, 4 Août, 11 novembre, elles ne sont pas si nombreuses. Pourquoi cette force ? Parce que les événements qui ont marqué ces dates ont changé en profondeur l’Histoire de notre pays et marqué les cœurs.
L’Histoire : avancées sociales, réconciliation franco-allemande, réorientation de l’Europe, abolition de la peine de mort, modernisation de l’économie, décentralisation, construction du Grand Louvre, radios libres, et tant d’autres avancées, tout vient de loin. L’empreinte laissée par la présidence de François Mitterrand, dans l’Hexagone et au-delà, est affaire de géologue autant que d’historien. C’est pourquoi la marque reste plus profonde que l’inventaire. Avec le recul du temps, elle occupe une place de choix dans l’histoire de la France moderne - et le bilan des années qui nous séparent de lui renforce le sentiment de grandeur, d’autorité, de volonté que dégageait alors l’action du chef de l’Etat.
En même temps - et c’est le cœur - chacun de nous entretient avec F. Mitterrand et avec le 10 Mai un lien singulier : le terrien et l’urbain, le laïque et le mystique, l’orateur et l’auteur, le jacobin et le girondin, le Charentais et le Nivernais, mais aussi le parlementaire hors du commun, le citoyen et l’Européen, le paysan et le promeneur, celui qui voulait changer la vie et celui qui espérait la France unie, Corneille et Racine - il y a tant de Mitterrand qu’au fond, chacun de nous a le sien, qu’il redécouvre sans cesse, en convoquant ses propres souvenirs ou en visionnant les images de notre mémoire collective. 10 Mai. Ici à Château-Chinon. Un visage à la télévision. Bastille « Mitterrand, du soleil ». Moi, au PS, larmes de joie.
Alors, inclassable, François Mitterrand ? Bien sûr. Insaisissable ? Bien sûr que non. Pour le comprendre, il suffit de rassembler ses amis, ceux dont la fidélité n’a jamais manqué ni fluctué, ceux qui ne se sont pas empressés de se faire bûcherons une fois le chêne tombé. Pour pénétrer ce qui faisait l’unité de cet homme exceptionnel, il faut se retrouver, à Château-Chinon, ici, sa ville qu’il aimait tant et dont il fut le premier magistrat vingt-deux ans durant, puis laisser l’émotion, l’amitié, la parole faire le reste. En ce 10 mai - le vingt-cinquième depuis la victoire de 1981 et la dixième année depuis sa disparition -, comprendre son message, suivre son sillage, est une boussole fiable. Pour ma part, j’essaye d’en respecter les indications. Pas seulement parce que j’ai été son proche collaborateur, son ministre, son Premier ministre, son ami. Mais parce que malgré le temps qui passe, il continue d’incarner trois exigences, plus vivantes que jamais.
La première exigence, c’est le courage. Mitterrand en faisait - Pierre Mauroy ne me démentira pas - la première vertu. Jamais il n’en a manqué. Courage de vaincre sa timidité d’adolescent lorsqu’il déclamait les grands tragédiens, dans le grenier d’une maison de famille ou dans les bois. Courage de survivre au stalag, de s’évader par trois fois, d’entrer dans la clandestinité pour y devenir Morland dont Marguerite Duras, camarade de réseau, a décrit la bravoure. Courage de surmonter les échecs, les haines, les trahisons ; de remettre dix fois, cent fois, l’ouvrage sur le métier ; de se relever des épreuves qui auraient brisé tout autre ; de ne jamais plier devant l’adversité tant que le cœur bat. Courage du corps et de l’esprit face à la maladie. Il lui tint tête, comme un général fait front face aux troupes ennemies, qu’il sait supérieures en nombre. Ceux qui ont vu alors lutter Mitterrand l’ont admiré et aimé plus encore. Etre à la hauteur d’une telle force d’âme, voilà qui doit inspirer chacun de nous dans sa vie personnelle et son action au service de l’intérêt général.
L’attachement à la France. Quand il parlait d’elle, c’est-à-dire chaque jour, il était - cela m’a toujours frappé - encore plus charnel que conceptuel, encore plus spirituel que rationnel. De Gaulle avait une certaine idée de la France, Mitterrand en avait, en plus, une certaine sensation. Il pensait, à juste titre, que pour la conduire, il fallait en épouser l’histoire et la géographie, avec ses lumières et ses ombres. De cette nation politique, il connaissait sur le bout des doigts les rois et les présidents, dont il pouvait réciter la liste. La France est aussi une nation littéraire et Mitterrand avait la religion des livres, lus et relus, faits pour être gardés et regardés, que l’on ne doit ni annoter ni écorner. Nation de paysages et de climats, il aimait sillonner la France, en chérissait les fleurs, en connaissait les arbres, en parcourait les chemins, comme un panthéiste fervent. S’il lui prenait l’envie de vous emmener en promenade, vous aviez droit à un cours magistral sur les diverses espèces de chênes qui peuplent les forêts. Nation déchirée par les guerres, celles des armées et celles des religions, Mitterrand communiait avec la France, ses douleurs à travers les âges, qu’il partageait en arpentant les monuments, les églises. « Je fais partie du paysage de la France ». Beaucoup avaient pris pour de la vantardise cette volonté d’être fidèle à un interminable fil, celui qui relie notre nation vieille par-delà ses mille ans, et qu’il fallait respecter, consolider et prolonger. Cette obligation est la nôtre, sachons ne l’oublier jamais. Mitterrand, comme nous, croyait en la grandeur de la France.
Le rassemblement de la gauche. Cette leçon, jamais il n’a cessé de la délivrer, depuis la campagne fondatrice de 1965 au congrès d’Epinay, du 10 mai 1981 aux derniers discours, parmi les plus beaux. Lui qui avait choisi de rejoindre la gauche pour la servir et finalement l’incarner, était l’inlassable artisan de l’unité des socialistes et de l’union de la gauche. Il savait, pour en être la cible, que les conservateurs disposent d’une puissance de feu - et d’abord celle de l’argent - avec laquelle la gauche ne peut rivaliser. Mais elle a d’autres atouts : l’attachement à ses valeurs de justice et de laïcité, la mobilisation sans exclusive des partis progressistes, du mouvement associatif, du monde syndicaliste, du courant mutualiste, des organisations laïques et de jeunesse, des arts et de la culture. Mais cette alchimie ne peut s’opérer si les socialistes oublient l’essentiel, ce que Jaurès martelait déjà il y a un siècle et Blum il y a 70 ans : le rassemblement ne peut s’opérer que sur une ligne de gauche. Un autre Nivernais, auquel je pense si souvent, Pierre Bérégovoy, le savait aussi. Le socialisme français, c’est sa singularité en Europe, est inséparable du modèle républicain dont la vérité tient en quelques convictions : être libéral n’épuise certainement pas l’idée de la liberté, revendiquer sa différence n’étanche pas la soif d’égalité, se replier vers sa communauté ne comble pas le besoin de fraternité. La France porte une responsabilité privilégiée dans le monde : elle est aux avant-postes du changement, elle est à l’avant-garde des grands bouleversements. 1789, 1848, 1905, 1936 et, bien entendu, 1981 et 1988 : il ne tient qu’à nous d’ouvrir une nouvelle page, dans l’esprit du combat de F. Mitterrand pour une République parlementaire et une Europe solidaire. Réconcilier la gauche avec la durée, faire plus et si possible faire mieux que le Cartel des gauches, le Front populaire et Pierre Mendès France. « Là où il y a une volonté, il y a un chemin », ce mot d’ordre doit nous guider pour préparer le futur.
Chers amis, chers camarades, dans un an, nous nous retrouverons pour célébrer, une nouvelle fois, je l’espère, autour de René-Pierre Signé, de Marcel Charmant et des socialistes de la Nièvre, la mémoire de François Mitterrand. Le 10 mai 2007, les Français se seront exprimés et un nouveau chef de l’Etat conduira le destin de la France. S’il est élu, c’est qu’il aura su puiser en lui l’énergie et la conviction pour emporter l’adhésion populaire. S’il est de gauche, c’est qu’il aura proposé à nos concitoyens une nouvelle espérance, portée par une gauche rassemblée, soucieuse de gouverner la mondialisation libérale, et pas seulement d’en amortir les dégâts. Pour engager l’alternative, nous devons nous inspirer de la démarche de F. Mitterrand, sans la reproduire exactement car le monde a bougé, mais en respectant son esprit car la gauche doit rester elle-même. Etre capables aussi de faire rêver.
Que faisait F. Mitterrand le 10 mai 1980, douze mois avant son élection ? Il réfléchissait, il travaillait, il écrivait, il parlait aux Français et surtout aux jeunes. Il rencontrait nos amis sociaux-démocrates européens que l’union avec les communistes inquiétait, il voyageait en Chine et se rendait en Israël pour s’imprégner des grands enjeux du monde. Il affrontait les campagnes de presse qui relayaient le refrain de l’époque sur « l’homme du passé » et souriait des sondages qui le disaient tantôt battu, tantôt abattu. Surtout, il se préparait « seul à devenir des milliers » comme le chantait Barbara. Il avait pour cela besoin de la confiance des socialistes car sans elle, rien n’est possible. Et il disait, partout où il allait ces mots simples : « préparons-nous, mobilisons-nous, rassemblons-nous, ayons confiance en nos valeurs et dans les Français. » Le 10 Mai, c’était il y a 25 ans. Mais le combat de François Mitterrand se poursuit. Vive Château-Chinon ! Vive la Nièvre ! Vive la République ! Vive la France !



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10-05-06

Comme de nombreux militants, apportez votre soutien à la candidature de Laurent Fabius

logorofi_web3Le débat au sein du Parti socialiste fait de plus en plus apparaître les différences entre la ligne clairement à gauche défendue par Laurent Fabius et une ligne moins ferme, plus "blairiste", proposée par d’autres. De nombreux militants qui se reconnaissent dans la démarche de Laurent Fabius lui apportent publiquement leur soutien.

Si vous souhaitez vous aussi apporter votre soutien à la candidature de Laurent Fabius, merci de laisser un message sur le forum associé à cet article, en cliquant ici.

Communiqué de Marcel Charmant, Président du Conseil général de la Nièvre, et de René-Pierre Signé, sénateur-maire de Château-Chinon, président de l’Association François-Mitterrand

Le 10 mai 2006

« En ce 25ème anniversaire du 10 mai 1981, les socialistes et les Français se souviennent avec force du message de François Mitterrand.
Alors que les inégalités se creusent, que la précarité et la crise démocratique s’aggravent, notamment pour la jeunesse, que l’intolérance gagne partout du terrain, que l’Europe libérale fait des ravages, notre pays a besoin plus que jamais de repères et d’un vrai changement.
C’était le sens de l’engagement de François Mitterrand. C’est l’enjeu de 2007. C’est pourquoi nous sommes heureux et fiers d’accueillir ce mercredi, à Château-Chinon, Laurent Fabius, dont la fidélité à l’homme François Mitterrand et à son action n’a jamais manqué et qui porte aujourd’hui l’exigence du rassemblement de la gauche et d’un socialisme républicain, laïc et social. »


Communiqué : des élus de Gironde, dont le Président du Conseil général, plusieurs Vice-Présidents et Gilbert Mitterrand apporte leur soutien à Laurent Fabius

Elus de Gironde, nous avons dit aujourd’hui à Laurent FABIUS l’attente et la confiance que nous plaçons en lui pour l’échéance présidentielle de 2007.
Face à la grave crise économique, sociale, institutionnelle qui frappe notre pays, le changement est indispensable. Il ne peut évidemment pas venir d’une droite plus soucieuse de régler ses comptes que les problèmes des Français.
Seule la gauche est porteuse d’une alternative. Mais nos concitoyens ne lui accorderont leur confiance que si le candidat du Parti Socialiste est porteur d’une ligne clairement de gauche. La défaite du New Labour en Grande-Bretagne sonne comme un désaveu.
Laurent FABIUS dispose de l’expérience, du courage et de la volonté indispensables pour rassembler la gauche et faire gagner la France. C’est pourquoi nous lui exprimons notre soutien à sa candidature et invitons les militantes et les militants du Parti Socialiste à partager son combat au service de la gauche et de la République.

Philippe Madrelle Sénateur, Président du Conseil Général
Bernard Dussaut Sénateur, Maire de Monségur, Vice-président du Conseil Général
Gilbert Mitterrand Maire de Libourne Vice-président du Conseil Général
Conchita Lacuey Députée Maire de Floirac
Bernard Madrelle Député Maire de Blaye
Annick Aguirre Conseillère Régionale
Alain Anziani, Adjoint au Maire de Mérignac, Vice-président du Conseil Régional
Dominique Astier Adjoint au Maire de Cenon
Pierre Barrau Maire de Porchères Conseiller Général
Jean-Jacques Benoît Conseiller Municipal de Pessac Conseiller Général
Bernard Bournazeau Maire de St Aubin de Blaye Conseiller Régional
Philippe Buisson Conseiller Régional
Françoise Cartron Maire d’Artigues près Bordeaux Vice-présidente du Conseil Régional
Jean-Marie Darmian Maire de Créon
Alain David Maire de Cenon Conseiller Général
François Deluga Maire du Teich Vice-président du Conseil Régional
Béatrice Desaigues Conseillère Régionale
Martine Diez Conseillère Municipale de Bordeaux
Philippe Dorthe Conseiller Général Conseiller Régional
Jean-François Egron Adjoint au Maire de Cenon
Martine Faure Vice-présidente du Conseil Général
Marc Galet Adjoint au Maire de Lormont
Pierre Garmendia Député Honoraire
Henri Houdebert Conseiller Régional
Daniel Jault Conseiller Général
Michel Jouanno Maire de Castillon la Bataille
Bernard Labiste Maire du Haillan
Serge Lamaison Maire de St Médard en Jalles Conseiller Général
Vincent Liminiana Adjoint au Maire de Blaye Conseiller Général
Alain Marois Maire de St Denis de Pile Vice-président du Conseil Général
Jacques Maugein Maire de St André de Cubzac Conseiller Général
Franck Maurras Maire de Carbon-Blanc
Michel Mercier Adjoint au Maire de Bègles
Brigitte Nabet Conseillère municipale de Bordeaux
Vincent Nuchy Maire de Salles
Philippe Plisson Maire de St Caprais de Blaye Vice-président du Conseil Général
Jeannine Thore Adjointe au Maire de Carbon-Blanc
Jean Touzeau Maire de Lormont Vice-président du Conseil Général

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29-04-06

"J’ai pris une leçon de politique avec Laurent Fabius"

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Interview de Laurent Fabius par Karl Zéro dans les coulisses de l'émission "Le vrai journal".

L'interview en video

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28-04-06

Laurent Fabius revient sur le projet de loi de Nicolas Sarkozy sur l’immigration.

366_180x1802Accusé par celui-ci d’être irresponsable, Laurent Fabius répond. Il montre que, sur la forme, la stratégie du Ministre de l’intérieur est cynique et que, sur le fond, son projet de loi sur l’immigration aboutira au résultat inverse de celui escompté.

podcast_logo13.............................Ecouter la réponse de Laurent Fabius


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22-04-06

Quels enseignements tirer du mouvement contre le CPE ?

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21 avril 2006

Interview-débat organisé par L’Humanité Dimanche, avec Jean-Christophe Le Duigou (secrétaire national de la CGT), Claude Debons (syndicaliste CGT et animateur des "collectifs du 29 mai"), Alain Obadia (membre du Comité exécutif du PCF) et Laurent Fabius. Ce débat en confiance montre qu’avec la ligne clairement à gauche que défend Laurent Fabius, le rassemblement de la gauche est possible - et déjà en route !

LIRE L'INTERVIEW......ICI


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17-04-06

L'HUMANITE

Quels enseignements tirer du mouvement contre le CPE ?

HD : Après deux mois de manifestations contre le CPE, le gouvernement a fini par remplacer l’article 8 de la loi dite Egalité des chances par un autre dispositif. Quelle analyse vous faites de ce mouvement et de ses répercussions immédiates ?

Jean-Christophe Le Duigou : C’est une victoire exceptionnelle. Exceptionnelle eu égard à l’unité syndicale atteinte pendant la mobilisation. Unité sans faille des confédérations, unité avec les organisations des étudiants, intersyndicale à douze... Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de problèmes. Mais on a évité tous les faux pas. Il faut remonter loin pour en trouver une semblable du point de vue syndical. En 1995 le plan Juppé s’est appliqué malgré tout. Au-delà de l’article 8 sur le CPE, les jeunes et les salariés ont exprimé leur refus de la précarité comme modèle d’adaptation sociale. C’est une avancée claire dans la prise de conscience du salariat. Il va maintenant falloir que nous répondions aux attentes qui se sont faites jour dans le mouvement : emploi des jeunes, réduction de la précarité... Des attentes en direction des syndicats mais aussi des attentes politiques.

Claude Debons : Cela fait maintenant pas mal d’années que nous sommes en situation très défensive. Cette victoire fait beaucoup de bien. Le CPE était une réforme de trop. Elle a cristallisé une résistance très majoritaire dans la population et une convergence de la jeunesse et des salariés... C’est très important du point de vue politique mais aussi symbolique : le mouvement social a pris conscience de sa force, de sa capacité d’union et de rassemblement. Maintenant, il reste beaucoup à faire pour faire reculer la précarité. Ce mouvement anti-CPE a posé de manière centrale un véritable enjeu de société : est-ce que le modèle social doit être la précarité étendue ? La sécurité dans l’emploi est devenu une question centrale du débat publique. Je crois que l’on a eu affaire en quelque sorte à une réplique sociale du séisme politique du 29 mai 2005, avec derrière le rejet de la précarité étendue, le rejet du modèle social libéral. J’ai tendance à penser que nous sommes au début d’un renversement de cycle. Après avoir eu un cycle de libéralisme triomphant, balayant tout sur son passage, on rentre peut-être dans une phase où le modèle de développement va être interrogé et où la pression va s’exercer pour plus de sécurité, plus d’égalité, plus de justice sociale...

Alain Obadia : Je voulais insister sur le lien entre ce qui vient de se passer et le 29 mai. Ce sont des luttes contre la précarité, contre les orientations libérales. Ces deux évènements montrent que l’intervention populaire, des citoyens permet de changer la donne. Dans la mobilisation on a constaté la participation active des jeunes, une nouvelle génération vient de faire l’expérience tout à la fois de la malfaisance du libéralisme et de l’efficacité de la mobilisation, de la lutte, d’une recherche commune d’un autre modèle de développement, d’alternative. Une des grandes tâches politiques qui sont devant nous sera de nous attaquer en grand à la précarisation de la société.

Laurent Fabius : Succès du mouvement, unité syndicale, lien entre les jeunes et les salariés, choix central à faire entre précarité et solidarité, rejet du modèle libéral, nouvelle génération citoyenne : je me retrouve dans ces analyses. Je voudrais ajouter une remarque. L’interprétation des évènements fait historiquement partie de la réalité. De ce point de vue, je m’inscris en faux contre ce qui est aujourd’hui affirmé par la droite politique. Elle nous dit : le CPE était une bonne mesure, mais elle a été mal comprise. Au contraire ! C’est parce qu’ils ont parfaitement compris ce qui était en jeu que les jeunes et les salariés ont réussi à rendre ce mouvement de refus si puissant. La droite nous dit aussi que la France est impossible à « réformer ». Non ! Le Cpe n’était pas une réforme, mais une régression. Il n’y a réforme que lorsqu’il y a progression collective ou individuelle. Pour réformer, il faut d’abord établir un constat partagé, mener une concertation, prendre une décision qui puisse aboutir à une amélioration des situations collectives, et évaluer la réforme. On nous répète enfin que la France décline : ce n’est nullement une fatalité, déclin ou progrès cela dépend de la politique menée. La France est une nation éminemment politique. Ce qui s’est produit en France, c’est quelque chose qui est ressenti dans d’autres pays mais qui n’a pas eu de conséquences sociales aussi fortes, de mouvement aussi puissant, ni, souvent, de traduction politique. De ce point de vue, les jeunes et les salariés qui se mobilisent ne le font pas seulement pour eux-mêmes. Ils le font pour ceux et celles qui dans d’autres pays sont soumis aux mêmes difficultés.

Enfin, sur le plan politique, il est surprenant mais significatif qu’une partie de l’opinion interprète la sortie de cette crise comme un succès de Monsieur Sarkozy. En réalité, le Président de l’UMP est largement responsable de tout cela. Le CPE est une co-production Chirac, Villepin, Sarkozy. Ce dernier a d’abord totalement soutenu cette mesure, qui incarne la fameuse rupture dont se veut porteur. Puis, par une opération de prestidigitation, soutenue par certains médias, il s’est présenté comme celui qui a dénoué la crise. Il en est co-responsable. Sur le plan politique, c’est très important de bien situer les responsabilités.

Jean-Christophe Le Duigou : Ce mouvement a démontré qu’en France le fondement du social a une dimension politique profonde. Les termes du débat ne sont pas statu quo contre réforme. On a cherché à nous enfermé là-dedans en disant que les syndicats sont conservateurs. Le 1er ministre disait ne pas vouloir perdre son temps à discuter avec des syndicats qui ne feront que défendre les acquis... La vérité, c’est qu’au nom des dysfonctionnements du système des mesures ont été prises qui vont encore plus loin dans l’application du système. C’est une position éminemment dogmatique. 5 millions de personnes sont durablement exclus du marché du travail, que propose-t-on ? Il y a des exigences de qualifications, de formations, de sécurité ensuite dans la vie professionnelle : ces débats doivent être ouverts. Le fait d’avoir, par ce mouvement, explicitement posé le lien entre le perception globale de la précarité, la question de l’emploi comme élément structurant de cette précarité et la question du travail à l’intérieur de la question de l’emploi, va peser sur les débats sociétaux et politiques à venir. On ne pourra pas échapper aux questions sur la politique économique, la conception que nous avons du plein emploi, le lien entre les système sociaux et la gestion des entreprises.

Laurent Fabius : Ce qui s’est passé est important également par les conséquences à tirer sur le mode de gouverner. Le gouvernement par surdité et par oukases est disqualifié, de même que cette approche erronée de la démocratie qui consiste à dire : « comme nous avons la majorité des députés à l’assemblée nationale, nous pouvons décider n’importe quoi. Le peuple a voté en 2002, rendez-vous dans cinq ans ». C’est aussi quelque chose que la gauche doit méditer pour l’avenir.

On a beaucoup parlé de la durée des contrats durant cette période, mais ce ne sont pas les contrats qui créent des emplois, c’est la croissance. La droite a tort de dire : la précarité va créer des emplois. Le contrat de base, ce doit être le contrat à durée indéterminée. On admet dans certaines circonstances qu’il puisse y avoir des aménagements, mais de toute façon, je le répète, c’est la croissance qui crée les emplois. Et la question au fond, c’est : comment faire en sorte, dans le cadre d’un partage différent des salaires et des profits, que les salariés bénéficient d’emplois et de revenus suffisants ? Comment relancer la croissance ? Cela implique un soutien de la demande (le pouvoir d’achat) et une dynamisation de l’offre (entreprises et collectivités publiques).

CLaude Debons : Je voudrais rebondir sur ce que dit Laurent Fabius. La dérive autoritaire que l’on observe dans la manière de gouverner mais aussi dans un certain arsenal juridique qui s’est mis en place ces dernières années, est le pendant d’une faible adhésion sociale au capitalisme libéral. Un modèle qui promet comme avenir une régression sans fin par la mise en concurrence des systèmes sociaux à l’échelle de la planète ne peut pas susciter d’adhésion même partielle, comme avait pu le faire le capitalisme des 30 glorieuses, à travers des politiques de redistribution qui améliorait les conditions de vie, les conventions collectives... les luttes permettaient d’améliorer les choses. Au début des années 80, les couches salariales supérieures des secteurs ouverts à la concurrence internationale, mais où la compétitivité des entreprises françaises permettait d’être les vainqueurs de cette guerre économique mondiale, ont pu adhérer à cette nouvelle vision. Or ce que l’on observe, notamment depuis les années 1990, c’est que ces salariés (ingénieurs et cadres) ne sont plus à l’abri des délocalisations, de la concurrence, ils n’échappent plus aux licenciements collectifs. C’est de ce double point de vue que je disais que nous sommes peut-être à un retournement de cycle. Cependant attention, l’alternative peut prendre deux formes : celle de la rupture autoritaire de droite ou celle la rupture de gauche le modèle libéral.

Alain Obadia : On voit bien qu’aujourd’hui dans chacune des luttes concrètes affleurent des questions de choix de société, même quand on est sur des questions très précises.

Laurent Fabius : Les questions sont enserrées les unes dans les autres, ce qui nécessite une profonde réorientation au niveau mondial, européen et national. En Europe, il faut à la fois tenir compte du vote contre la constitution et de tous ceux qui, plus largement, ne sont pas d’accord avec l’orientation actuelle de l’Europe. Nous devrons porter en Europe une autre politique, offensive et défensive. En offensif, sur le plan des orientations sociales et monétaires, de la banque centrale européenne, du budget, de la recherche, de l’industrie... En défensif, il faut une autre politique de la concurrence, des OPA, des normes, de la qualité... Au niveau français, j’ai évoqué la croissance : dans une société où le travail reste une matrice déterminante, elle est indispensable même s’il faut modifier son contenu pour aller vers un développement durable. La question à laquelle il va falloir répondre, c’est la question du partage salaire/profit, et donc il faut aller vers une revalorisation des bas et moyens salaires, une vraie politique industrielle, une « sécurité professionnelle » : comment faire pour que le CDI redevienne le contrat de base ? En pénalisant ce qui encourage la précarité, y compris à travers des mécanismes fiscaux : charges sociales et impôts sur les sociétés. Il y a déjà la sécurité sociale, la sécurité publique : doit naître une véritable sécurité professionnelle, pour que chacun puisse se retrouver, soit en formation, soit avec un emploi, avec de véritables droits. Tout cela pose aussi la question des services publics, parce que les services publics sont un élément majeur anti-précarité. Le service public, c’est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas. Cela pose aussi la question du logement parce que s’il y a précarité du travail et du salaire, il y a précarité du logement, des relations affectives, précarité de la vie. Bref, est-ce que c’est la finance qui est prédominante ou est-ce que nous allons arriver à changer les choses pour que ce soit autour de la personne humaine que tout se bâtisse ? Ce qui est en cause, c’est notre réponse à la mondialisation libérale et financière. Précarité ou solidarité, c’est le combat de fond.

Jean-Christophe Le Duigou : Je voudrais répondre à l’idée de changement de cycle. A mon avis, rien n’est acquis même si incontestablement ce qui vient d’arriver va dans le bon sens. Rien n’est acquis parce qu’il faut travailler à des réponses. Ce sont elles qui feront qu’il y aura ou non changement de cycle. Sans ça, je sens les pressions énormes qui nous pousseront : on s’attaque quand même à des puissances considérables dont il s’agit de prendre l’exacte mesure A partir de là, je pense qu’il y a plusieurs débats qui s’ouvrent. Notamment autour de cette idée de sécurité, de sécurisation des parcours professionnels. Cette « sécurisation des parcours professionnels » doit clarifier son objectif. Ce n’est pas la sécurité pour la sécurité, c’est développer les compétences, les qualifications en relation avec des objectifs élevés d’emploi, de nouvelle politique industrielle, de développement des services utiles... on n’est pas dans une logique de pure cohésion sociale, il faut qu’elle se bâtisse autour de quelque chose qui a le sens d’un projet. De ce point de vue, l’équilibre de sous-emploi dans lequel on est structurellement, ça conduit à la précarité. Si on veut être capable d’opposer une autre vision de la solidarité et d’organisation, il faut rompre avec le sous-emploi et essayer de se donner un objectif de nouveau plein emploi avec un certain nombre d’outils. C’est qu’on a besoin pour ça de nouvelles institutions. D’où les propositions de la CGT sur la sécurité sociale professionnelle, les fonds de financements de l’emploi et de la formation, la responsabilité sociale des entreprises. Enfin, je crois qu’il y a un enjeu de démocratie sociale. Le gouvernement voulait court-circuiter les organisations syndicales et une partie de la réaction est due à la volonté d’affirmer au contraire le rôle des organisations syndicales. Il y a aujourd’hui non pas un enjeu de reconnaissance des organisations syndicales - je suis le premier à dire que l’on est trop faible : on a pu faire ce qu’on a fait en deux mois avec 2,5 millions de syndiqués, imaginons ce que l’on aurait pu faire avec 4 millions ou 5 millions.

Alain Obadia : La sécurité d’emploi et de formation est un thème qui est aujourd’hui au cœur du débat politique, de la recherche d’alternative... Et nous avons effectivement besoin d’un débat de clarification : l’idée est même reprise, dévoyée par Sarkozy. Aller vers une véritable sécurité d’emploi et de formation, c’est aller vers une situation visant à éradiquer le chômage, dans laquelle le salarié ne puisse pas se trouver dans une situation autre que l’emploi ou la formation choisie débouchant vers un autre emploi. A notre sens il faudrait qu’il y ait pour assurer tout cela des institutions de sécurisation décentralisées mais aussi cohérentes au plan national qui puissent être la partie contractante. Notre vision de la sécurité d’emploi ou de formation est une vision dynamique qui permet une mobilité choisie et à chaque salarié d’être partie prenante dans une sécurité de revenu. C’est inséparable en effet d’une politique volontariste en matière d’industrie, de recherche, de création de services. Comment penser que l’on pourrait aller vers des formations débouchant sur un emploi, s’il n’y a pas d’emploi ? Cela nous mène vers le très grand chapitre de la politique macroéconomique. Nous sommes pour un crédit sélectif, pour des crédits bonifiés en direction des entreprises créant des emplois et proposons des fonds régionaux d’emploi, voire un fond national. Cette question doit se situer dans ce qui a été indiqué d’un nouveau partage entre les revenus du travail et les revenus du capital. Les entreprises, dans ces conditions, devront avoir une cotisation supplémentaire permettant d’assurer un financement mutualisé du système. Il faut recycler l’ensemble des crédits qui sont utilisés aujourd’hui dans les politiques de l’emploi mais aussi une partie important de l’argent utilisé pour les exonérations de charges patronales, dont on sait à quel point elles n’ont pas d’efficacité réelle.

Claude Debons : l’emploi est devenu une variable d’ajustement parce que ce n’est pas les gains de productivité liés aux nouvelles technologies qui, en l’espace d’une année, peuvent dégager 10 à 15% de profit. Mais cela ne peut pas durer indéfiniment. Arrive un moment où l’on a épuisé le cheval. Nous allons inévitablement vers un affrontement entre ceux qui accumulent les profits et la masse de ceux qui contribuent à les produire par leur travail mais qui n’en retire plus les fruits, même pas minimum. Dans cette perspective, il faut reprendre et rouvrir le chantier des droits nouveaux dans les entreprises, en redonnant aux salariés des instruments de contre pouvoir. Et je crois qu’il faut aller vers le droit de veto suspensif sur les licenciements, qu’il faut rétablir une autorisation administrative de licenciements qui permette de s’opposer aux licenciements dans les entreprises qui font du profit. Une telle politique est en rupture, partielle mais nette, avec les politiques dominantes aujourd’hui dans le cadre de l’union européenne. On ne fera pas l’économie d’une bataille politique au niveau européen. Nous devons réorienter les politiques dans l’UE et exiger une harmonisation des fiscalités sur les entreprises.

Laurent Fabius : Aucun économiste sérieux n’a démontré le bien fondé pour l’économie d’une aggravation de la précarité. Au contraire, c’est, à moyen et long terme, un élément de fragilisation des entreprises. On ne peut pas faire progresser une économie hautement développée comme la nôtre sur ces bases là. Nous ne disons pas qu’il ne peut pas y avoir d’exonérations de charges, mais il faut du donnant-donnant. L’argent public doit être utilisé pour favoriser le développement industriel, la croissance, la recherche, les emplois durables, au lieu d’abonnements des entreprises à ces exonérations. Tout cela exige concertation, négociation. S’agissant de la « sécurité professionnelle », il faut d’abord se mettre d’accord sur la finalité : il ne s’agit pas de proposer une espèce de super RMI, d’assistance supplémentaire. Ne séparons pas la démocratie institutionnelle et la démocratie sociale.

Jean-Christophe Le Duigou : Syndicalement nous souhaitons avoir beaucoup plus de pouvoir d’intervention en amont des décisions. Je connais un certain nombre d’entreprises qui aujourd’hui seraient fermées sans la contestation d’un certain nombre de choix. Quant à la sécurité sociale et professionnelle, ce n’est en effet ni super RMI, ni atelier national. Simplement aujourd’hui, il faut changer le fonctionnement du marché du travail. Le transformer à partir de l’idée que le passage à la case chômage n’est pas la chose qui apporte la solution dynamique que l’on est en droit d’attendre aujourd’hui du développement des capacités salariales. Le repartage de la valeur ajoutée doit se faire en fonction de la transformation du travail, elle ne pourra se faire à structure de qualification, de compétence ou de structure du travail d’il y a 20 ou 25 ans. Le repartage doit être lié à la révolution informationnelle, à la société de la connaissance. Il faut développer les capacités humaines des gens. On ne peut pas faire ça en laissant de côté les banlieues et en précarisant 10 millions de personnes. L’inégalité d’accès à la formation, la non-reconnaissance des qualifications, le fait qu’on ait 24 millions d’exonération de charges patronale qui poussent à des bas salaires, tout cela incite à une série de gâchis humains.

Alain Obadia : Nous sommes vraiment d’accord avec le principe des vetos suspensifs aux licenciements collectifs, afin de pouvoir examiner des propositions alternatives, permettant de ne pas aller vers les mesures souhaitées par les directions des entreprises et des groupes. Par ailleurs, il y a nécessité de responsabiliser socialement les entreprises, et c’est pour cette raison qu’il faut rétablir une commission de contrôle des fonds publics attribuées aux entreprises...Ce qui essentiel, c’est que nous puissions contester la stratégie des groupes, avoir des leviers d’intervention - je reviens sur la question des crédits et d’un pôle financier public - et de pouvoir s’opposer à ce qui est en train de monter, je veux dire la nouvelle vague des OPA, de restructurations, etc. qui ne touche pas que la France, qui est un phénomène mondial de recherche de profits dans une phase où le capital qui ne se place dans l’économie réelle est surabondant...

Laurent Fabius : Vous savez peut-être qu’une loi vient d’être votée par la droite à propos des OPA. Le gouvernement pouvait tout à fait éviter que seuls les actionnaires aient un pouvoir de décision sur les OPA, à l’exclusion des salariés. Or, le gouvernement a fermé toute possibilité d’intervention juridique aux salariés. Cela montre bien ce que vaut son fameux « patriotisme économique ».

Alain Obadia : Enfin, nous sommes hostiles à la pratique même des exonérations de charges patronales. Non seulement parce qu’il n’y a pas de contrepartie réelle, mais aussi parce que cela nous semble être fondamentalement un mécanisme pervers, qui par sa structure même pousse à des politiques de bas salaires dans les entreprises. En revanche, nous sommes sensibles à l’idée selon laquelle il faut pouvoir avantager des politiques d’entreprises de création d’emplois et c’est dans cet esprit que nous sommes pour créer un système de crédits sélectifs, de bonification de crédit lié à des création d’emploi. Il nous semble que pour le développement du pays, la création d’emplois et la situation des salariés ce serait un élément très positif.

Claude Debons : il faut réhabiliter la création d’emplois publics répondant à des demandes sociales non satisfaites. Réhabiliter l’emploi public, c’est à la fois une bataille idéologique et une bataille politique, exemples à l’appui. Dernier élément : on a évidemment beaucoup parlé de politique industrielle, de croissance pour lutter contre le chômage, etc. Je crois qu’il y a quand même un débat à ouvrir aujourd’hui sur ce que seraient les leviers d’un alter-développement. C’est à dire une développement qui ne soit pas le modèle productiviste libéral dont la finalité est la recherche du profit maximum, mais un modèle de développement qui réponde aux besoins sociaux, à l’intérêt général, qui se préoccupe pas seulement des résultats économiques à court terme, mais qui investisse sur le moyen et le long termes, etc.

Laurent Fabius : Le grand changement qu’on voudrait nous imposer, c’est que la précarité qui était aux marges du système en devienne le cœur. Le mouvement contre le CPE l’a fortement exprimé : nous refusons que la précarité soit au cœur du système. Cela a été la première expression syndicale et politique, la prise de conscience civique de beaucoup de jeunes. J’espère que ce sera fructueux pour les actions à venir. Nous n’avons pas eu aujourd’hui le temps de poser en détails la question du logement, pourtant fondamentale. Parmi les avancées que je souhaite développer dans le futur, il y a la notion très forte d’un droit au logement opposable, c’est-à-dire un droit concret pour chacun à un logement décent. La précarité forme un tout. Quand un élément se dérobe, c’est l’ensemble des conditions de vie qui s’écroulent. Et finalement c’est la personne humaine dont toute la vie devient précaire. Cette dérive-là, ce que certains appellent la « préca-réalité » comme on parle de la télé-réalité, je ne peux pas l’accepter.

Alain Obadia : Tout montre la nécessité impérieuse du débat citoyen pour construire des propositions alternatives d’un fort contenu anti-libéral, qui puissent assurer à la fois la victoire et la réussite de la gauche. Ce débat que nous menons, permet de nourrir ces propositions de l’expérience et des préoccupations de chacune et de chacun. C’est un apport irremplaçable.

Jean-Christophe Le Duigou : D’une part, il faut bien mesurer à quoi l’on est confronté, la force de ce que l’on a en face de nous. L’Etat est indispensable, mais il ne va plus suffire pour faire barrage à la pression. Il y a besoin donc besoin de créer de nouvelles institutions. D’autre part, nous devons maintenant clarifier ce que doivent être les nouvelles relations entre la politique et les organisations syndicales. Le syndicalisme s’intéresse à la politique et de près, mais n’a pas vocation à exercer le pouvoir, ni donc à co-élaborer un programme ou à être l’élément d’une coalition. Le syndicalisme doit assumer sa responsabilité dans le débat public, apporter un certain nombre de solutions mais aussi les bonnes questions, celles que l’on doit poser pour que la société ait la possibilité de choisir son avenir.


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12-04-06

Quel temps perdu !

europe1 11 avril 2006                                    366_180x1801

Interviewé sur Europe 1, Laurent Fabius livre son analyse du retrait du CPE et tire les leçons de ce "gâchis". Il expose les grandes lignes de ses propositions pour l’emploi et pour les jeunes.      

ECOUTER L'INTERVIEW

Bonjour, L. Fabius. Le CPE va donc être remplacé par le développement, le renforcement de mesures existantes à destination des jeunes en difficulté. C’est finalement le retour au traitement social du chômage. C’est un peu une recette de gauche, ça, non ?

C’est surtout un énorme temps perdu. Moi, c’est ce qui me frappe et je discutais hier avec des personnes de ma circonscription, c’est le motif qui revient tout le temps : "on a perdu du temps". C’est un gâchis. Le CPE est retiré, tant mieux, quoi qu’il faille rester vigilant sur la loi, jusqu’au bout. Les jeunes et les salariés ont gagné. Il faut souligner qu’ils l’on fait avec beaucoup d’esprit de responsabilité. Et puis, la droite a échoué. Donc, maintenant, il faut se pencher sur les questions de fond, c’est-à-dire la question de la réforme -parce qu’il y a quand même des leçons à tirer de tout ce gâchis -, la question institutionnelle ne peut pas rester comme cela et puis, surtout, la question des jeunes.

Que pensez-vous de la solution provisoire trouvée par le Gouvernement ?

Ce sont des rustines. Je crois que tous les commentateurs le soulignent. On ne peut pas être contre le fait d’accompagner davantage les jeunes et d’aider, mais pour trouver, réellement, des solutions au problème de l’emploi des jeunes, il faut d’abord relancer la croissance. Parce que ce ne sont pas des contrats qui vont résoudre le problème de l’emploi des jeunes, c’est la croissance. Et cela veut dire une autre politique du pouvoir d’achat, en direction du SMIC, etc. et en direction des entreprises, pour leur permettre de repartir de l’avant. Donc, d’abord, d’abord, la croissance. Ensuite, évidemment, la question de la formation des jeunes et la question de l’accompagnement de l’emploi.

Soyez très concret à la fois sur la question de la formation des jeunes et sur les dispositifs pouvant aider les entreprises. Que proposez-vous très concrètement ?

Très concrètement, d’abord, je pense qu’il faut arrêter de dire qu’il faut des contrats différents. Le contrat de base doit être le CDI. On peut avoir recours, dans certaines circonstances, au CDD, mais il faut revenir à la règle du droit du travail : le contrat de base, c’est le CDI.

Moins de flexibilité pour les entreprises donc, finalement ?

Mais ce n’est pas la précarité qui crée de l’emploi. C’est cela, l’immense erreur de l’UMP, tous responsables confondus. Je ne veux pas faire de différence entre monsieur de Villepin, monsieur Chirac, monsieur Sarkozy ; ils sont tous coresponsables de ce fiasco. Il faut que l’on ait, à la base, une vraie sécurité ; cela peut permettre un certain nombre de souplesses, mais pas de dire que c’est la précarité qui va arriver à (inaud.) Maintenant, sur la formation, il faut évidemment suivre de beaucoup plus près ces jeunes - et ils sont nombreux - qui n’ont pas de formation. Cela veut dire que l’Education nationale doit savoir, dans certains cas, se remettre en cause. Et puis, il faut accompagner les jeunes pour avoir des espèces d’emplois "jeunes" dans les entreprises.

Plusieurs syndicats, dont la CGT, disent que la mort du CPE ne suffit pas, qu’il faut aussi "faire la peau" du CNE. Qu’en pensez-vous ?

Il y a un vrai problème, c’est exact, parce que les CNE, c’est exactement le même principe que le CPE, mais appliqué à toutes les petites entreprises. Cela va déboucher sur des problèmes juridiques dont je vous avertis déjà. C’est-à-dire que lorsque l’affaire viendra devant les tribunaux, les tribunaux ne vont pas accepter que l’on puisse renvoyer les gens sans motif et qu’il y a ait une période probatoire de deux ans. Tout ce qui a été dit concernant les jeunes, en disant que "ce n’est pas possible de les renvoyer sans motif, ce n’est pas possible d’avoir une période probatoire de deux ans", cela va s’appliquer au CNE. Donc, nécessairement, le CNE va être remis en cause, et cela va, encore une fois, faire qu’avec ce Gouvernement, on aura perdu énormément de temps. Moi, la leçon principale que je retire de tout cela, c’est que l’on ne peut pas attendre de vraies réformes positives de la part du Gouvernement et de l’UMP. Il faut donc, d’autant plus que la gauche se prépare, et activement.


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